Une flambée mortelle de choléra frappe les réfugiés congolais en Ouganda

Avec une tendance à la hausse des cas de choléra et un taux de mortalité très élevé, la situation est extrêmement alarmante 

KAMPALA, Ouganda, 1 mars 2018,-/Africa Media Agency (AMA)/- Plus de 42 000 Congolais ayant fui les violences en Ituri (RDC) ont traversé le lac Albert pour rejoindre l’Ouganda depuis le début de l’année. La plupart des réfugiés sont arrivés dans le district de Hoima, dans des conditions sanitaires désastreuses. Les autorités sanitaires ougandaises ont confirmé le 23 février une épidémie de choléra affectant les communautés déplacées et locales, avec plus de 1 000 cas sévères nécessitant une hospitalisation, dont au moins 30 décès depuis la mi-février.
Médecins Sans Frontières (MSF) travaille sur les deux rives du lac et offre une assistance médicale humanitaire à ceux qui en ont besoin.

« Avec une tendance à la hausse des cas de choléra et un taux de mortalité très élevé, la situation est extrêmement alarmante. En plus des centres spécialisés dans le traitement du choléra, nous intensifions notre intervention le plus rapidement possible, en installant une station d’épuration des eaux sur le site du débarcadère de Sebagoro pour améliorer l’accès des réfugiés et des communautés hôtes à l’eau potable, en mettant en place une surveillance, des points de réhydratation orale, des camions d’eau et en construisant des latrines supplémentaires » explique Ahmad Mahat, coordinateur MSF en Ouganda. A Sebarogo, les équipes MSF ont mis en place un centre de traitement du choléra (CTC) de 50 lits dans le centre de santé de la ville, qu’elles soutiennent également avec du matériel et des ressources supplémentaires. Elles gèrent aussi une clinique sur la zone du débarcadère qui permet d’identifier et de référer les cas les plus urgents vers le centre de santé le plus proche. MSF a également ouvert un CTC de 50 lits dans le centre de santé de Kasonga, à proximité du centre de réception de Kagoma.

Pour contrôler cette épidémie fatale et protéger ceux qui sont le plus à risque, il est extrêmement urgent de mener une campagne de vaccination contre le choléra dans les prochains jours. Cela devrait faire partie de la réponse classique dans une épidémie de ce type. Après discussions avec plusieurs acteurs de la santé mondiale, un stock de vaccins a été mis à disposition pour cette campagne d’urgence. MSF se tient prêt à intervenir et soutenir le ministère de la santé ougandais dès que leur feu vert est donné.

A l’origine de cet afflux massif de réfugiés, les violences entre les communautés qui ont éclaté dans la province de l’Ituri, en décembre 2017 dans le nord-est de la RDC et qui se sont intensifiées en février. Dans le territoire de Djugu, des maisons ont été incendiées, des personnes ont été tuées et des dizaines de milliers d’autres ont fui leurs maisons en quête de sécurité. La situation dans la province de l’Ituri reste imprévisible et un regain de violence pourrait provoquer un nouvel afflux de population en Ouganda. Actuellement, l’insécurité empêche de nombreux Congolais déplacés restés dans leur pays d’avoir accès à une assistance vitale.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour Médecins sans frontières (MSF).

Source : http://amediaagency.com/une-flambee-mortelle-de-cholera-frappe-les-refugies-congolais-en-ouganda/

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